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LE HOUGAN 
 
 

Qu'est-ce-qu'un Hougan ? 

 

Aux Antilles tout comme dans le royaume du Dahomé, le Hougan est le plus haut dignitaire religieux dans le culte Vodu (prononcez vaudou), le culte pratiqué depuis les origines par les kamites (les Noirs).

Contrairement, à l'idée véhiculée par certains et plus particulièrement les leucodermes, le Vodu n'est pas de la "Magie Noire" ou de la "Sorcellerie", mais bel et bien une religion, qui plus est, remonte à l'Egypte pharaonique.

Nous allons suivre la transmission de cette fonction de l'Egypte pharaonique aux Antilles, tout comme la course du Soleil qui se lève à l'Est et se couche à l'Ouest.

Ainsi, nous avons la plus ancienne fonction religieuse remontant à la fondation de l'Egypte, voire même avant, à l'époque prédynastique, soit plus de 6000 ans.

Des Antilles au royaume du Dahomé (Bénin / Togo) nous remontons dans le royaume Mandingue, où nous trouvons le Hougan sous le nom de Hogon chez les Dogons du Mali.

Enfin, nous arrivons en Egypte où nous trouvons le plus haut dignitaire religieux à savoir pharaon lui-même tenant dans sa main un baton nommé "HéKA" par les égyptologues européens.

Or, comme je le dis depuis longtemps la vocalisation de l'égyptien ancien est le fait d'européens travaillant sur une langue négro-africaine, qui faute de connaissances ajoutèrent par convention un "e", afin de vocaliser cette langue.

Désormais, il appartient à nous même de restituer notre langue-mère, en linguistique "K" et "G" sont interchangeables. Aussi la racine égyptienne "HKA" de la vocalisation européenne du mot "HéKA" peut très bien être rendue par "HGA".

Ainsi, nous avons aux Antilles et dans le royaume du Dahomé le mot "HouGAn", pour désigner ce haut dignitaire religieux, nous avons dans le royaume Mandingue le mot "HoGon".

Par ailleurs, le baton "HéKA" des égyptologues européens est en réalité le même que celui du Hougan aux Antilles, dans le royaume du Dahomé, ou dans le royaume Mandingue et se nomme "HoGo".

Notre égyptologue, Aboubacry Moussa LAM (Origine égyptienne des Peuls, page 247) nous confirme ceci en disant : "Même le hk3 du pharaon était vraisemblablement un bâton pastoral..., c'est ce même bâton qu'on retrouve chez le Hogon des Dogons ! Or Hogon est tout simplement une déformation de Hogo (dogon) qui évoque la racine pulaar Hog : courber, et par extension commander, dominer. C'est cette racine qui a donné Hoggo : bec..., Ainsi donc, il n'est pas exclu que le titre de hk3 que portait avec prestance le pharaon égyptien ait été, à l'origine, un titre pastoral symbolisé par un bâton crochu qui évoquait peut-être la puissance du souverain".

Pour la bonne compréhension de ce passage, le mot hk3 des égyptologues est rendu aussi par hka en linguistique, donc pharaon portait le titre de hougan / hogon.

Signalons que phonétiquement le mot "HéKA" des égyptologues européens, désigne aussi une science traduite par "Magie", mais qui en réalité vient de la racine "Hou" signifiant notamment en bamiléké "Plantes, Herbes" et de la racine "Ka" signifiant "Energie vitale".

Donc, la science nommée "HéKA" n'est pas de la "Magie", mais de la "Phytothérapie" pratiquée dans le Bwiti du Gabon à l'aide de la plante connue sous le nom "HiboKA" et en français "Iboka / Iboga".

Notre démonstration ne serait pas complète sans une comparaison entre cette représentation du Hougan Akounaatona et ce que nous savons d'un Hougan / Hogon.   

  Akhenaton/Hougan

Dans le culte d'Aton, le pharaon Akounaatona (Akhenaton) était le plus haut dignitaire religieux comme n'importe quel Hougan. Chez les Dogons, le Hogon était souvent le plus veil homme du village.

Le Hogon est le représentant du Lébé, c'est-à-dire du Serpent (symbole du Dieu Soleil chez les Kamites), raison pour laquelle nous voyons Akounaatona avec l'Uréus, le serpent frontal.

Le serpent représentait le Soleil, car cet animal a la faculté de changer de peau tout en gardant le même esprit symbolisant ainsi le Dieu Soleil qui nait chaque matin et qui meurt chaque soir.

Nous voyons le pharaon Akounaatona avec ce que les égyptologues européens qualifient de la "couronne rouge", mais avez-vous déjà vu une "couronne rouge" ? Généralement une couronne est en or, en argent ou en bronze !

En vérité, cette "couronne rouge" n'est autre que le "bonnet rouge" qui manifeste l'origine du pouvoir du Hogon, il est comme un soleil sur la tête du Hogon. Nul autre que lui ne peut le porter.

Le 14 aout 1791, dans le Nord de l'île de Saint Domingue (Haïti), dans un lieu reculé de l'habitation Lenormand de Mézy, nommé "Bois Caïman", le Hougan Boukman lors d'une cérémonie "Vodu" sacrifia un cochon noir et les assistants burent son sang.

Cette cérémonie remonte à l'époque pharaonique comme le rapporte le grec Hérodote (histoire II : 47) qui nous apprend que les égyptiens ne consommaient pas le cochon sauf lors d'une cérémonie particulière dédiée à la Lune et à Dyonisos.

Or, nous savons que la Lune représente Isis et que cette dernière n'est autre que Marie pour les chrétiens, la nuit du 14 au 15 aout, nous sommes à la date exacte de la grande fête mariale.

Autre chose le cochon fait partie des petits troupeaux en Egypte, qu'on désigne curieusement par le mot "Aout" en égyptien, "Yaoud" en peul, phonétiquement le même mois que ce sacrifice.

Pourquoi un cochon noir ?

Tout simplement, parce que Seth est le dieu des leucodermes, Plutarque l'indentifie à Typhon chez les grecs, et à Baal chez les sémites, il était représenté sous les traits d'un cochon noir dévorant la Lune. En prenant les traits d'un cochon noir,  Seth combattit le faucon Horus.

Donc, en sacrifiant ce cochon noir et en buvant son sang les kamites d'Haïti renouaient avec leurs ancêtres de KaMa qui faisaient cette cérémonie avant d'affronter leurs ennemis.

Sans le Hougan Boukman, il n'y aurait pas eu la révolution haïtienne de Toussaint Louverture ! Sans la Mambo Sitaï, il n'y aurait pas eu la révolution zulu de Shaka (une Mambo est une prêtresse Vodu, c'est le féminin de Hougan).

J'espère que cet article contribuera à la renaissance du peuple kamite, en faisant prendre conscience à plusieurs de l'ancienneté et de la solidité de notre culture. 
 

Hougan Akounaatona

28.12.06